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ENIGME au TEMPLE D`OR D'AMRITSAR (16.08.2006).

 

 

ÉNIGME  au  TEMPLE  D' OR

 

d' AMRITSAR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au bord du bassin du Temple d'Or, je médite debout, ayant oublié de m'asseoir, quand un homme m'aborde en anglais.

- "Que faites-vous face au Temple d'Or ?"

-"J'hésite entre plusieurs idées pour écrire un texte à propos d'Amritsar. Pourquoi pas un texte de science fiction ? Ou bien un long poème épique sur la saga des Sikhs depuis cinq cents ans. Mais je manque de connaissances, je ne peux encore écrire un tel poème. Troisième idée : un récit superposant le Temple d'or d'Amritsar avec des lieux de Venise, notamment la piazza San Marco..."

-"Je me doutais d'une chose de ce genre", continue le Sikh avec un sourire de triomphe, "Pour vous tirer de cette indécision, voici une énigme. Avez-vous remarqué les dessins géométriques du pavement autour du bassin ?"

-"Franchement, non ! J'ai plutôt le nez en l'air. Je ne remarque ce genre de choses qu'en dernier..."

 

 

-"Eh bien, je vais vous faire gagner du temps. Une vieille légende prédit que celui qui déchiffrera tous les labyrinthes dessinés sur le pavement du Temple d'Or deviendra notre Guru. Cela vous tente-t-il ?"

Il avait un petit air "Mephisto", mon questionneur barbu, mais j'ai toujours eu un faible pour les énigmes.

 

 

-"Vous m'intéressez. Mais j'aurai besoin d'aide. Je suppose que dans ce domaine vos recherches sont fort avancées ?"

- "Bonne supposition. Je travaille sur ce sujet depuis 1989. Ma documentation devient considérable. Mais plus j'avance, plus j'ai conscience de mon ignorance. Surtout, il me manque la Grâce !"

-"Vos paroles me touchent au coeur. Comment dois-je débuter ?"

-"Acceptez-vous le défi ?"

-"J'accepte ! Mais je ne connais rien dans le domaine des dessins et labyrinthes du pavement..."

-"Vous apprendrez vite ! Il vous faudra rester quelques jours pour vous plonger dans la recherche. Le pouvez-vous ?"

-"J'ai le temps. Commençons tout de suite !"

 

 

 

Il me prend par la main, me conduit jusqu'à un labyrinthe situé au bord du bassin, côté Est, près du ghat d'ablution.

-"Regardez ! Que remarquez-vous ?"

-"Des carrés dans des croix. Cinq croix contenues dans un grand carré, limite du mandala. Les croix sont reliées par des axes horizontaux et verticaux. Lignes noires sur fond blanc."

-"Ce n'est pas mal pour une première approche descriptive."

-"Merci pour le compliment. Zéro pour l'approche explicative..."

-"Cela viendra en son temps. J'accepte de vous prendre comme élève, le temps nécessaire à votre émancipation."

 

 

 

 

 

 

Une aventure commence.

Mon maître me fait quitter le dortoir pour étrangers situé en bordure du Temple d'Or, pour une chambre à l'intérieur de l'enceinte. Même en dormant, je me rapprochais du coeur du Temple d'Or.

Mais les nuits, de plus en plus courtes, peuplées de labyrinthes sacrés, avaient le goût acre, le tempo limpide des chasses au trésor de l'enfance.

 

 

Dans le Temple d'Or, le temps est rythmé par les chants accompagnés de tablas, de pianolas ou d'harmoniums, d'une basse continue comme le tambura, et les micros portent les sons dans les moindres recoins de l'enceinte.

Les jours filent comme des étoiles-filantes.

Les nuits offrent leur infini spacial, dans leurs constellations je déchiffre des mandalas, des labyrinthes. Pendant que le soleil monte, descend, remonte, j'apprends les lignes, les formes, la géométrie sacrée des Sikhs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gourav parle très peu, se contente d'un mot, d'une indication. Ensuite, à moi de me débrouiller.

J'ai accepté un habit pendjabi, pour passer presque inaperçu quand je vais et viens dans les longs couloirs du Temple. Mais pas question de me laisser pousser la barbe, les cheveux, ou de porter le kirpan, un sabre, que je ne mérite pas.

En revanche, me plonger dans le Guru Granth Sahib, la Bible des Sikhs, est nécessaire pour mes recherches en symbolique. Après avoir photographié tous les dessins géométriques situés au bord du bassin sacré, je m'exerce à les dessiner sur de grandes feuilles fournies par Gourav, heure après heure, de nuit comme de jour. Il me regarde faire, mais ne fait guère de commentaire. De temps en temps, il hoche la tête.

 

 

Jour après jour, l'énigme me poursuit.

Sais-je vraiment ce que je cherche ? J'en doute, dès que j'essaye d'être lucide sur ma situation. Mais à quoi bon ?

Je n'ai pas le temps pour le doute, le travail est là, qui n'attend pas. Je suis dans le travail comme un ver dans le fruit. J'y creuse des galeries de plus en plus profondes. Sans doute est-ce la seule manière de vivre.

 

 

 

Joie. Joy. Freude. Alegria. Gaudio. Radost. il faudrait continuer cette liste dans toutes les langues du monde. Et porter son flambeau au coeur des ténèbres. La Joie me transporte d'un labyrinthe à l'autre, elle me guide dans leurs méandres obscurs, je ferme les yeux et le chemin s'éclaire vers la sortie la plus proche, vers la seule solution possible. Et quand je désespère, la Joie soulève ses voiles et me donne la clé.

 

 

 

 

Pour me détendre et me défendre, je récite à voix haute les poèmes de Kabir. Les Paroles de ce tisserand mystique de Bénarès tissent un véritable fil d'Ariane, sauvegarde contre le Minotaure du doute et du découragement. Elles orientent l'indifférence stellaire des espaces infinis vers une théorie de joie exubérante, avec choeurs de hautbois.

 

Aujourd'hui, je suis prêt pour l'Epreuve. Il me tarde de Combattre et je regarde avec envie les sabres autour de moi. Je pense que je réussirai. Mais je ne deviendrai pas le Guru des Sikhs. S'ils veulent un Saint, je le choisirai avec l'aide de Dieu parmi ceux qui - en ce Temple - en sont dignes.

Amritsar n'est qu'une étape. Le chemin continue vers d'autres lieux, d'autres rencontres, d'autres énigmes. Toute ma vie je me souviendrai de ces jours de recherche, rythmés par les chants sacrés du Guru Granth Sahib, portés par des musiques atmosphériques - comme des aîles d'oiseau portées par l'espace. Jours océaniques où le silence n'a pas de part, me semble-t-il - hors les nuits de silence inépuisable. 

Longue vie au peuple sikh.

 

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

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Publié à 09:30, le 26/07/2009, dans A. ENIGME au TEMPLE D OR d AMRITSAR, Amritsar
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Au LAC SACRE DU HEM KUND (4329 m) (aout 2006).

   

 

 

Au  Lac  SaCré

 

Du

 

HeM  KuNd

 

 

 

 

 

 

Ce n'est pas un trek de tout repos. Le dénivellé est de près de 1300 m : au départ de Ghangaria (3050 m) jusqu'au Hem kund (4329 m). Le Hem Kund, le lac sacré des Sikhs !

C'est une de mes randonnées préférées. La veille, la montée épuisante de 14 km entre Govindghat et Ghangaria m'avait affuté, mais privé de pataugass. Ce matin, elles étaient encore trempées par une pluie continuelle, subie pendant quatre heures et demie...

Je me retrouve donc en sandales. Pour la montée, pas de problème, mais pour la descente ?

 

 

Départ vers 6h30. Pendant 1 km, la route est aussi celle qui mène à la Vallée des Fleurs. Les pèlerins sont déjà nombreux. A l'embranchement, je retrouve le groupe coloré de pèlerins sikhs, arrivés en musique au Gurdwara, la veille au soir. Devant le panneau indicateur, le Chef à barbe blanche - turban blanc et survêtement bleu - exhorte sa vingtaine de Sikhs - hommes, femmes et enfants.

 

 

 

Un adolescent vêtu de blanc, bonnet bleu et écharpe orange, porte une enseigne, au drapeau jaune, surmonté d`un cercle bleu et jaune. Un tambour et deux musiciens à cordes jouent des airs dynamiques pour stimuler les énergies. Finalement, tous lancent leur cri de ralliement, trois fois, et c`est parti !

 

 

 

Très vite, je préfère monter à mon rythme, je laisse loin derrière les pèlerins-musiciens. Cela grimpe dur. Il pluviote et je redoute une journée déluge, comme celle d'hier. Mes prières sont-elles entendues ? Le soleil apparaît timidement vers 8h. Je prends trois photos avec des pans de ciel bleu.

 

 

 

Une pause "figues" s'impose. Cette grimpette grille beaucoup d'énergie. Ghangaria a diminué peu à peu, jusqu'à disparaître. Le paysage, très verdoyant, est superbe, agrémenté de cascades. Des nappes de brume avancent lentement à mi-hauteur dans la vallée. Le pic le plus élevé est continuellement caché sous d'épais nuages. Le sentier empierré monte en pente raide, côté aval ses lacets en épingles à cheveux déroulent leurs courbes très serrées. Sujets à vertige, s'abstenir ! Le sentier franchit une frêle passerelle au-dessus d'un torrent alimenté par un glacier. L'eau jaillit par l'ouverture ovale de la langue glaciaire.

 

 

 

Peu à peu, nous montons au niveau, puis au-dessus de ce vaste glacier, dont la neige est salie. Depuis le départ, mules et poneys m'ont peu gênés. Les nombreux pèlerins s'étirent sur une dizaine de kilomètres. En partant tôt, en dépassant les plus lents, on se retrouve vite en bonne compagnie, sélection oblige.

 

 

 

 

 

 

Vers 9h, deux voies sont possibles. Une route en lacets assez longue, empruntée par les animaux et les piétons fatigués. Un escalier raide escaladant la montagne par le chemin des oiseaux, le plus court ! Plus de mules ni de poneys, je n'hésite pas. C`est comme grimper les escaliers de la Tour Eiffel, mais à 4000 mètres d'altitude.  On grimpe dans le ciel, sans savoir si on pourra l'atteindre un jour.

 

 

Même les grandes gueules de certains groupes ferment leur bec... Chacun écoute sa respiration et son rythme cardiaque... On s'arrête très souvent pour retrouver son souffle... Aucun frimeur ne pousse de chansonnette... En vingt minutes, je finis par arriver au sommet en franchissant une arche.

 

 

 

La récompense est à la hauteur de l'effort. Sur la place, beaucoup de Sikhs, assis n'importe où, dégustent un thé ! Je file en ligne droite au Gurdwara, où l'on me sert du thé. Je remercie à voix haute le serveur, et en esprit le Dieu des Sikhs et le créateur du thé. On propose aussi une bouillie de céréales, mais j'ai hâte de voir le lac. Avec mon gobelet, j'atteins ses rives. Ses eaux sont vertes, surmontées de nappes de brume, errantes. Je grimpe à flanc de colline sur une trentaine de mètres, m'assieds sur un rocher. Le lac est de taille modeste. Une seule extrêmité, autour du Gurdwara, a été aménagée et construite. La plus grande partie conserve son état naturel. Le lac repose au centre d'un cirque glaciaire, entouré par des montagnes ravinées, en partie recouverte de verdure. Des cascades dégringolent des sommets. En dégustant le thé, à petites gorgées, je profite de l'état de grâce qui succède aux efforts prolongés.

 

 

 

 

 

Quand je redescends au bord du lac sacré, quelques Sikhs s'apprêtent à y entrer. Vers 9h30 du matin, à 4329 m d'altitude, imaginez la température de l'eau ! Ils entrent jusqu'aux chevilles, se mouillent la poitrine, s'immergent trois fois et se précipitent vers leur serviette ! Je n'ai parfois pas le temps de les photographier... A quarante centimètres de l'eau, une ligne jaune marque le sol. Interdiction de la franchir avec des chaussures. Cette matinée, j'ai vu le surveillant interpeller deux étourdis. Un panneau précise qu'il est interdit d'uriner à proximité du Sarovar Sahib. Les pèlerins demandent souvent à un proche de les photographier dans le lac, de l'eau jusqu'aux genoux (jusqu'aux cuisses pour les plus courageux). La plupart joignent les mains dévotement... mais ressortent illico la photo prise !

 

 

 

On vient me voir, on m'interroge. Intérêt pour le Canon numérique.

Trois femmes s'approchent. Je leur propose de se baigner.

-"It's too cold !" Elles veulent connaître mon pays. Elles vivent au Canada, à Toronto. Et semblent dépaysées au bord du Hem Kund.

Un vieil homme me fait de grands sourires, se lance dans une tirade en hindi, se rend compte que je n'y comprends rien, nous console d'une mimique.

 

 

 

Ensuite, j'entre dans le Gurdwara.

Au rez-de-chaussée, le vestibule contient de nombreux casiers-à-chaussures. J'y place mes sandales.

L'escalier débouche sur la salle-de-prières. Un jeune Sikh me fait signe de me couvrir la tête. Ma casquette me permet de faire face. Les fidèles debout écoutent un orateur, lui répondent en choeur. La salle est pavoisée de guirlandes multicolores. Près de l'officiant, une sorte d'autel clignote, capte l'attention. J'aimerais rester, mais le froid me saisit. Du coup, je remarque que plusieurs pèlerins sont emmitouflés dans une couverture. Un tas de couvertures git à l'entrée de la salle. Je descends pour enfiler polaire et veste. Et je garde la casquette.

 

 

 

Dehors, le temps s'est nettement refroidi.

Virée derrière le Gurdwara, par un portique, où pendent des cloches. On a construit des oratoires près du lac. Le portique franchi, un homme m'ordonne aussitôt d'ôter mes chaussures. Etrange, car certains fidèles les conservent, ne les enlèvent qu'avant d'entrer dans un oratoire. Mais j'obéis.

Deux minutes plus tard, deux hommes assis ayant assisté à la scène me font signe. J'approche. Avec sourires et gestes appropriés, ils m'encouragent à remettre mes sandales. L'extrémisme du pèlerin les a beaucoup agacés...

 

 

Le temps change constamment. Je monte sur la colline au-dessus du portique d'entrée pour admirer la vallée... c'est le brouillard qui règne en maître...

Soudain, le soleil surgit. Je fonce vers le lac pour photographier les reflets de la lumière dans l'eau verte.

 

 

 

 

 

 

De retour parmi les pèlerins, je remarque que certains se tiennent à une corde fixée au bord du lac. Ils s'immergent trois fois dans l'eau le plus vite possible.

Un homme obèse applique scrupuleusement tous les rites. En posture de yoga, il récite les prières les yeux fermés, s'incline vers le Gurdwara les mains jointes, recommence plusieurs fois. Je peux le photographier sans le gêner.

 

 

 

 

 

 

Tenaillé par la faim, je vais chercher une ration de bouillie, quand je tombe sur le couple d'Indiens, croisé plusieurs fois à Ghangaria.

Nous nous présentons. Ils vivent à Calcutta. Rakhi est une brune à lunettes assez grosse. Son mari Paranjoy ressemble à un étudiant. Agés de 29 à 31 ans. Mais nous nous séparons assez vite, car ils s'apprêtaient à redescendre à Ghangaria.

 

 

Avec ma gamelle de bouillie, je m'installe sur un muret, ingurgite le tout sans respirer.

 

 

 

 

J'aime l'ouverture d'esprit des Sikhs. Leurs Gurdwara accueillent Sikhs et non Sikhs. Tous peuvent y dormir, y boire du thé, y manger, tout cela gracieusement...

En dix minutes, la température dépasse les 35° C.

Ecriture.

 

 

 

Avant midi, je commence la descente, délicate en sandales.

L'escalier derrière moi, au lieu de dévaler le sentier avec des sauts de kangourou, je suis d'une prudence inaccoutumée. A cause des pierres, j'abîme sérieusement mes sandales et le bout de mes orteils tatent quelques cailloux.

Comme au cours du Char Dham, je croise plusieurs balayeurs. Souvent oisifs, ils s'activent à l'approche des gens. A mon égard, leur expression habituelle est :"Money-bakchich !" Pour les Indiens, leurs formules en hindi semblent plus conformes à ces chemins de pèlerinage, j'y entends des accents religieux.

 

 

Au bout d'une heure, un coup de pompe m'oblige à faire une pause. Arrêt boisson. Je repère deux ampoules, dont une de plus de 100 W...

Une descente est toujours plus ennuyeuse qu'une montée. La découverte ne joue plus, on revient sur ses pas, c'est du connu, on pense déjà à la douche...

Habituellement, j'essaye de transformer une descente en une danse, ou la rapidité, l'équilibre, l'enchaînement des gestes, touchent aux mystères de l'univers. Aujourd'hui, nulle harmonie des foulées, mais des pieds douloureux qui aspirent au repos.

Vers 14h, je dévore un Rice Pullao Paneer dans mon restaurant favori. Que c'est bon !

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

 

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Publié à 18:42, le 25/07/2009, dans B. LAC SACRE du HEMKUND,
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Les SIKHS (16.07.2008).

 

Les SIKHS 

 

 

 

Je n'écris ici une somme sur les Sikhs.

Plus modestement, je vais noter ce que j'ai appris sur eux au fil de mes voyages en Inde.

Ce texte doit donc se compléter, se modifier sans cesse.

 

 

Je profite aussi de ce voyage 2008 au Punjab, plus approfondi que les années précédentes.

Jusqu'à 2007, je ne connaissais que Chandigarh et Amritsar.

 

 

 1

 

 Comment reconnaît-on les Sikhs ?

 

 

1. Turbans, cheveux et barbes :

D'abord à leur turban, porté par les hommes, de couleurs variées : bleue, orange, jaune...

Il masque une longue chevelure, car la religion sikh interdit de couper ses cheveux. Ceux-ci sont donc roulés et maintenus sous un turban.

Dans les temples ou dans les gurdwaras, leur tête doit toujours être couverte, soit par un turban, soit par un grand mouchoir.

Les femmes portent un voile coloré. Au sari, elles préfèrent le salwar Kameez, une robe indienne et un pantalon.

  
  

On reconnaît également les Sikhs à leur barbe, qu'ils doivent laisser pousser.

Un filet blanc permet de donner une forme à leur moustache.

Sinon, beaucoup d'hommes ne portent plus l'habit traditionnel, adoptent une tenue occidentale (chemise, pantalon, chaussures de ville).

  
 

2. Un fort esprit communautaire :

Dès que j'ai vu des Sikhs, j'ai été frappé par leur fort esprit communautaire.

Ils sont très bien organisés.

Leurs gurdwaras sont un modèle d'organisation et d'hospitalité.

 

  

Les Sikhs voyagent souvent en groupe de motards pour des pèlerinages, comme j'ai pu le constater dans l'Uttaranchal.

Ils ne portent pas de casque à moto à cause de leur longue chevelure sous leur gros turban.

Dans certains pays, par exemple au Canada, les lois exigeant le port du casque ont été modifiées à leur avantage ! 

 

 

3. Les cinq emblèmes de reconnaissance :

La confrérie sikh (la Khalsa) définit cinq emblèmes de reconnaissance, les kakkar.

Le kesh : cheveux et barbe non coupés, signe de sainteté.

Le kangha : peigne dans les cheveux.

Le kaccha : pantalon ample qui symbolise la modestie.

Le kirpan : sabre ou dague, symbole de pouvoir et de dignité. Réduit à un poignard courbe porté au côté.

Le karra : bracelet d'acier, symbôle de la sobriété et de la force. 


Dans les temples, de nombreux Sikhs portent l'habit traditionnel, avec un turban souvent bleu ou orange.

Les déservants, bien sûr, avec un petit kirpan.

À Anandpur Sahib, j'ai vu plusieurs femmes portant un kirpan dans des temples.

 

  

2

 

Les Sikhs et le travail :

 

 

1. Sikhs et mendicité :

Les Sikhs sont des travailleurs. Le Punjab est l'État le plus riche de l'Inde.

Je n'ai pas encore vu un Sikh mendiant.

Au Punjab, les mendiants sont Hindous. Au Ladakh aussi, cela m'a frappé en 2007. Très peu de Ladakhis mendient.

Au contraire, les Hindous semblent être toujours prêts à se faire mendiants.

 

 

2. Les métiers de force :

Tous les hommes portent le même nom de famille : Singh (lion), ce qui ne facilite pas leur identification...

D'ailleurs, les femmes portent toutes le nom de Kaur (princesse).

 

 

Pour en revenir aux Sikhs, ils ont longtemps monopolisé les métiers où s'exprime la force. Beaucoup d'hommes travaillent dans l'armée, la police, les forces de sécurité, ou comme gardes du corps.

Ce sont des gardes du corps sikhs d'Indira Gandhi, qui l'ont assassinée en 1984, après l'assaut du Temple d'or d'Amritsar.

 

 

3. L'attirance pour la performance :

Ils pratiquent le culte de la performance.

Ils réussissent donc dans les sports.

À Patiala, j'ai été surpris par le nombre incroyable de boutiques vendant des trophées : médailles, coupes, et autres babioles pour les sportifs.

 

 

On trouve donc les Sikhs dans les affaires, le commerce, les industries...

Sur les routes de l'Inde du nord, les Sikhs sont des conducteurs réputés : routiers, chauffeurs de taxi, conducteurs de moto...

  

À suivre...

 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 19:50, le 24/07/2009, dans C. Les SIKHS, Penjab
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GURDWARA de SIRHIND (14.07.2008).

 

 

 

GURDWARA de SIRHIND

 

 

 

 

 

 

En 2006, je prévoyais d'écrire un texte sur les gurdwara. Ce sont des complexes sikhs, intégrant : temple, hôtellerie, restauration...

Voyageant en 2008 au Punjab, le pays des Sikhs, je répare l'oubli de 2006.

  

 

 

 

Sirhind est située à 30 km au nord de Patiala et à une quarantaine de kilomètres de Chandigarh.

Pratiquement inconnue chez nous, Sirhind présente un grand intérêt.

Elle compte de nombreux gurdwara, dispersés dans tout le district.

J'en ai visité quelques-uns.


 

 

 

A 5 km au nord de Sirhind, le Gurdwara Fatehgarh Sahib, en marbre blanc avec cinq coupoles dorées, est le plus important.

Il commémore le martyr des deux jeunes fils du Guru Gobind Singh.

La crypte leur est dédiée, où défilent les pèlerins.

En 1704, les deux garçons de ce dixième Guru des Sikhs (7 et 9 ans) ont été murés vivants pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

C'est un lieu de pèlerinage important pour les Sikhs.

  

 

 

 

Je le surnomme aussitôt "petit Amritsar".

A l'entrée d'un gurdwara, on doit se couvrir la tête, j'ai donc une casquette.

Assis en tailleur dans la salle de prière, je me laisse imprégner par la musique lancinante de trois musiciens (tablas et deux harmoniums).

Ils chantent aussi les paroles du Guru Granth Sahib, le livre saint des Sikhs.

Beaucoup de fidèles s'asseyent, restent quelques minutes, repartent.

Certains, plongés dans la prière,  prolongent leur présence.

Ecriture d'un poème, ce qui intrigue nombre de curieux. Trois ou quatre s'asseyent à mes côtés pour regarder.

Ils n'en sont pas plus avancés...

 

 

 

 

Un vieux Sikh à la barbe blanchie m'interroge en anglais.

Il m'observe depuis dix minutes au moins, se décide à me poser les questions rituelles (What's your name ? Are you alone ? What's your country ?, etc.)

Portant la tenue blanche et bleue des serviteurs du temple, Surjit Singh me propose de le suivre.

Il me montre au sous-sol la crypte, véritable coeur de ce Saint des Saints.

  

 

 

Puis il me guide jusqu'à la cantine, où l'on mange gratuitement.

Surjit Singh a déjà déjeuné, mais apprécie que je sache me débrouiller.

Il faut prendre un plateau de thali, un gobelet et une cuillère.

Entrer dans le réfectoire, comptant déjà plusieurs rangées de personnes, assises sur des nattes de joncs. S'y asseoir au bout d'une rangée.

Un homme distribue un ou deux chapati, un autre des lentilles, un troisième verse de l'eau dans les gobelets.

   

 

 

 

Le déjeuner est spartiate, mais je suis affamé. 

Il est 15h, mon petit déjeuner remonte loin.

Chaqu'un mange en silence, d'un seul trait, sans se préoccuper de ses voisins.

Adoptant le même rythme, je termine vite ce repas, délaissant l'eau, pour ne pas tomber malade.

Surgit Singh m'attendait à l'entrée du réfectoire.

 

 

 

 

Nous discutons en remontant vers le temple principal.

Surjit est au service du temple et habite Sirhind. 

Il souhaite un échange d'adresses. Aussitôt dit, aussitôt fait, assis sur des chaises près du vestiaire. Promesse de lui envoyer en septembre une carte postale de Paris.

Nous nous séparons dans les meilleurs termes.

 

 

 

Je retourne dans la salle de prière, où je prends des photos.

Des barrières dorées délimitent un carré formant le centre de la salle.

Devant, un long coffre bleu, où les fidèles déposent leurs offrandes (argent, objets divers comme une horloge...)

Avec un rateau, un desservant range l'argent, comme un croupier de casino.

A gauche, les trois musiciens sont assis derrière leur micro.

Au fond d'une niche, un serviteur agite langoureusement une sorte de chasse mouches épais.

 

 

 

 

A l'extérieur, je gagne le Gurdwara Mata Gujari, entouré d'un mur de pierres rougeâtres.

A peine en haut des marches, un homme vient me parler. Puis une Indienne, qui vit à New York, et prononce deux phrases en français !

A l'intérieur, rafraîchissement grâce aux ventilateurs.

Un desservant lit les Écritures avec dévotion, les yeux fermés.

 


 

 

Un autre quitte son poste pour s'asseoir près de moi. En anglais, il me propose une chambre, que je refuse car le dharamsala me convient.

Ensuite, il me réclame un don ! Ai-je bien compris sa phrase ? Je fais celui qui n'a pas compris et je me remets à écrire.

 

 

 

  

A la sortie, on accède sur la gauche à un grand bassin.

Des carpes grouillent près des marches, très appréciées des enfants comme des adultes. Enfants et hommes se baignent parfois au bord du bassin, mais je ne les envie guère. L'eau est trouble, assez boueuse.

  

 

 

 

*     *     *

 

  

  

 

Le lendemain en début d'après-midi, après la visite de l`Aam Khas Bagh, un serai moghol, j'arrive au Gurudwara Sri Jydli Sarub.

Quand on vient de Sirhind, on le voit de loin, sur la route de Chandigarh.

La salle de prière est une oasis de fraîcheur.

Les Sikhs se prosternent devant le Saint des Saints.

Ils s'agenouillent devant un desservant, qui leur donne un peu de cette pâte sucrée, dont j'ai beaucoup goûté à Amritsar.

 

 

 

 

A la sortie, trois deservants m'invitent à partager une tasse de thé.

Pour une fois, sans parler. Partage d'un thé en silence.

J'apprécie beaucoup !

Je fais le tour d'un bassin d'eau jouxtant le temple.

 

 

 

 

Il est 15h30, la faim me pousse vers la cantine.

J'y consomme le même sobre déjeuner que la veille, chapati et lentilles.

Avec un bonus : le thé remplace l'eau.

 

  

 

 

L'accueil des Sikhs dans leurs gurdwara est un modèle d'hospitalité.

Ils acceptent tout le monde : Indiens ou étrangers, Sikhs ou non-Sikhs.

Chacun y est bien reçu, reçoit du thé et à manger gratuitement dans leur réfectoire.

A Sirhind, je loge dans un dharamsala.

Mais au cours d'autres voyages, j'ai obtenu une chambre gratuite dans des gurdwara : à Amritsar, ou à Govindghat dans l'Uttaranchal (Uttarakhand).

 

  

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 15:20, le 23/07/2009, dans D. GURDWARA de SIRHIND, Sirhind
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CANTINES DES GURDWARA (21.07.08).

 

 

 

CANTINES des GURUDWARA

 

 

 

 

 

 

Dans un récent article, je parlais des gurdwara sikhs.

Mais je m'aperçois que les cantines communautaires des gurdwara sikhs (ou langar) sont un sujet en soi.

Quiconque peut y entrer, Sikhs ou non-Sikhs, Indiens ou étrangers, pour manger un repas ou boire un thé gratuitement.

   

 

 

Avant d'entrer dans une sorte de hangar, il faut se déchausser et se couvrir la tête.

J'y arrive souvent tard, pour le déjeuner, ayant différé le plus possible, poussés par des tiraillements d'estomac...

Le sol est occupé par des rangées de nattes, où les gens s'asseyent, séparées par des couloirs de circulation.

Il faut prendre un plateau de thali, un gobelet et une cuillère.

 

 

 

Plusieurs rangées de personnes mangent déjà.

Un homme montre aux nouveaux venus où s'asseoir, au bout de la dernière rangée.

Dès que l'on est assis,  un homme distribue un ou deux chapati, un autre du dhal (lentilles), un troisième verse de l'eau dans les gobelets.

Aucune perte de temps, l'efficacité est totale.

  

 

 

En face de soi, on peut regarder manger les gens de la rangée precedente, ou ceux de la rangée suivante (qui se remplit vite).

Souvent, j'échange des signes amicaux avec un enfant, une femme, ou un jeune homme, curieux de ma présence insolite.

    

 

 

Chaqu'un mange en silence, d'un seul trait, sans trop se préoccuper de ses voisins.

Sauf dans le cas de femmes avec de jeunes enfants.

       

 

 

En plus des voisins de natte ou d'en face, des dizaines de milliers de mouches jouent les invitées surprise.

Elles fourmillent au dessus de son repas, sur les éclaboussures de jus de lentille, souillant les nattes et le sol.

Foi de mouche, c'est un déjeuner de premier choix !

Un chasse-mouches serait fort utile...

 

 

 

Heureusement, des ventilateurs aèrent le hangar, qui sans eux serait d'une insupportable chaleur.

      Régulièrement, les trois serveurs repassent pour du rabe.

Si l'on veut des chapati, on tend ses deux mains jointes et l'homme y dépose un ou deux chapati supplémentaires.

Pour refuser, un signe d'une main est suffisant.

Je demande souvent une ration de dhal supplémentaire, mais deux chapati me suffisent.

Pour ne pas subir une diarrhée le lendemain, je ne bois pas une goutte de l'eau de mon gobelet.

 

 

 

 Peu à peu, mes voisins se lèvent, je me retrouve parfois seul sur ma natte !

Pourtant, adoptant le rythme général, j'expédie ce repas frugal...

Mais un Français mange toujours plus lentement qu'un Indien, qu'il soit du Punjab ou d'ailleurs...

 

 

     

Je me lève, me dirige vers la plonge.

Déjà un homme a aspergé d'eau les bordures des nattes. Un autre homme, muni d'une raclette de deux mètres de largeur, nettoie le sol entre les nattes !

Pour nettoyer les nattes, rien de tel qu'un bon vieux balai.

Tout se fait avec efficacité et rapidité.

La place est propre pour d'autres convives, qui déjà s'installent...

  

 

 

Avant d'atteindre la plonge, un volontaire vient chercher mon plateau de thali !

Derrière, une quinzaine de volontaires nettoient la vaisselle dans de grands éviers.

D'autres éviers lateraux sont prévus pour se laver la bouche, les mains ou le visage.

Une autre partie du réfectoire est souvent réservée aux amateurs de thé.

 

 

 

Récupérant mes sandales, l'estomac soulagé, je vaque ensuite à d'autres occupations.

 

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 15:06, le 22/07/2009, dans E. CANTINES des GURDWARA, Penjab
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ANANDPUR SAHIB (25.07.08).

 

 

 

 

ANANDPUR SAHIB

 

 

 

 

 

 

Cette ville du Punjab compte des gurdwara par dizaines.

Les Sikhs la surnomment la "ville sainte".

Elle célèbre la tradition de martyr des Sikhs à travers l'histoire.

De fait, Anandpur Sahib ressemble à une petite Mecque.

On ne cesse d'y construire temples, logements et autres bâtiments pour les pèlerins.

Je ne m'attendais pas à un tel dynamisme.

   
 
 
 
 

Pour cet article, je vais me limiter à cinq gurdwara :

1). Le principal : Kesgarh Sahib.

2). Au nord, le gurudwara Sis Ganj.

3). A 30 m du précédent, le gurdwara Bhora Sahib.

4). A 7 mn au nord, le Fatehgarh Sahib.

5). A 20 mn au sud du principal, l'Anandgarh Sahib Fort.

    

 

 

 

 

*     *     *     *     *

 
 
 
 
 
 

Le Kesgarh Sahib est le symbôle d'Anandpur Sahib.

Quand on sort de la gare routière ou de la gare ferroviaire, pour marcher vers le centre, c'est la silhouette du Kesgarh Sahib que l'on découvre d'abord.

Descendant d'un bus en provenance de Chandigarh vers 8 h, je demande le centre-ville.

Remontée d'une rue-marché et découverte du gurdwara, construit au sommet d'une colline, et donc bien visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

Du marché, la rue grimpe plus nettement jusqu'à l'entrée du complexe.

   
 
 
 
 

A droite, c'est le temple. Grâce à des hauts parleurs, on entend la lecture du Guru Granth Sahib, qui se déroule dans le temple en ce moment.

A gauche, j'entre dans un bureau d'information pour savoir s'il est possible de dormir au gurdwara. L'accueil du responsable est excellent.

Après avoir posé quelques questions sur mon identité, sur mes motivations, il m'annonce que je peux y dormir deux nuits.

Si je veux rester une troisième nuit, je dois revenir le voir.

  

 
 
 
 

Il me guide vers un bâtiment proche du réfectoire.

Dans la chambre n° 1, il me présente au réceptionniste et je paie 200 Rs de garantie.

Je suis logé chambre n° 7, une belle chambre double, avec toute une paroi vitrée, ventilateur et air-cooler. Et une salle d'eau.

Je ne m'attendais pas à une chambre aussi belle.

  

 
 
 
 

Après une douche, je vais au temple, bâti en hauteur, précédé d'une place rectangulaire.

On entre à gauche et l'on sort à droite.

L'entrée se situe à côté d'un arbre magnifique, qui attire l'oeil lorsqu'on arrive sur la place. 

J'ai prévu une casquette et je laisse mes sandales près de l'entrée.

 
 
 
 
 

Le Kesgarh Sahib est de toute beauté avec sa façade de marbre blanc, ses coupoles, ses nombreux clochetons et ses pignons dorés.

Des fidèles tournent autour du mat, prononcent une prière en touchant les plaques de marbre de la base.

Je m'assieds dans la salle principale.

Trois musiciens, avec tablas et deux harmoniums, jouent et chantent des extraits de leur livre saint, le Guru Granth Sahib.

Cela m'inspire un poème : THÉORIE DU TEMPS.

 

 

 
 
 

Deux heures et demie plus tard, je n'en sors que poussé par la faim vers 14h30. Heureusement, la cantine communautaire est toute proche.

(Voir l'article CANTINES des GURDWARA).

 

 

 

 

 

Je reviens plusieurs fois les jours suivants au gurdwara principal.

Des pèlerins me serrent spontanément la main.

D'autres veulent se faire photographier en ma compagnie.

Ou que je photographie leur groupe.

De fait, je suis le seul étranger à vingt lieues à la ronde. Ma présence est exotique.

  

 
 
 
 

Depuis plusieurs terrasses, le panorama sur les environs m'est utile, car je n'ai aucun plan d'Anandpur Sahib.

Ainsi, je repère le grand bassin, que j'ai déjà vu. Mais surtout, le toit de plusieurs temples hindous, situés dans un quartier encore inconnu.

Un matin, je le traverse pour visiter deux temples hindous.

  
 
 
 
 

De loin, le Kesgarh Sahib  ressemble un peu à une grande araignée blanche.

La terrasse supérieure surplombe les étages inférieurs, est fixée sur de grands piliers. Ces pilotis lui donnent une silhouette bien reconnaissable.

On pense aussi à un hydroglisseur géant, qui peut décoller sur l'eau à tout moment.

    

 

 

 

 

*     *     *     *     *

 

 

 

 

 

 Au nord, le gurudwara Sis Ganj est construit de l'autre côté du bazar vendant la pacotille religieuse habituelle en de tels lieux (bracelets d'acier, sabres, fleurs, bijoux pour femmes, foulards pour se couvrir la tête, sucreries,...)

Une première enceinte forme un simple quadrilatère.

Elle est dominée à l'intérieur par une tour, genre donjon, surmontée d'une coupole dorée.

J'aime m'y arrêter quand je passe dans ce coin, c'est à dire tous les jours.

 


 

 

 

Un matin, j'y écris un poème : DE L'AMOUR.

Sans musique cette fois, parce que l'atmosphère y est paisible.

  
 
 
 
 

J'y croise une famille d'émigrés indiens, originaires du Punjab.

Aujourd'hui, ils vivent aux Etats-Unis, dans l'état de Washington.

C'est le père qui m'aborde, quadragénaire, accompagné de sa mère et de sa fille.

Celle-ci est une étudiante américanisée. Elle considère le Punjab comme une curiosité arriérée. Elle me demande si je n'ai pas fait l'objet de discrimination en Inde. Je la déçois certainement en insistant sur certains côtés positifs de l'Inde.

 

 

 

 

 

 

 *     *     *     *     *

 

 

 

 

 A 30 mètres du précédent, le gurdwara Bhora Sahib est perché sur une colline.

C'est un petit complexe formé par une entrée monumentale, le temple principal et deux temples plus petits. Sur un côté, un long bâtiment est sans doute occupé par des chambres et un réfectoire.

Dès mon arrivée, deux jeunes hommes efféminés tentent de me draguer.

Je préfère photographier quatre gamins qui s'amusent dans le petit jardin.

 
 

 

 

 

Un grand père s'invite avec bonne humeur. Comment résister ? 

Finalement, je propose à tout le monde (une vingtaine de personnes) une photo de groupe...

Ensuite, un gardien me fait visiter le temple, par gestes car il ne parle aucun mot d'anglais.

Au sous-sol, une crypte contient des reliques, face auxquelles trois fidèles prient, assis sur le sol.

   

 

 

 

 

*     *     *     *     *

 

 

 

 

 

 A 7 minutes à pied au nord du gurudwara principal, le Fatehgarh Sahib est construit dans un beau jardin, très calme.

Le temple forme un quadrilatère très pur, d'une incroyable blancheur.

Quatre tours dominent chaque côté et une coupole centrale surmontent l'ensemble.

On est loin du mouvement continuel affectant le Kesgarh Sahib...

 


 

 

 

Je le visite le jour d'une grève générale, absolument seul.

Je photographie à loisir l'autel et de nombreux objets du culte sikh ("chasse mouches", emblèmes de la khalsa...).

Puis quelques fleurs du jardin, avant de repartir sous une chaleur torride.

  

 

 

 

 

*     *     *     *     *

 

 

 

 

 

 A 20 minutes à pied au sud du gurudwara principal, l'Anandgarh Sahib Fort est perché au sommet d'une colline.

En chemin, je croise une demie douzaine de temples, mais je n'en visite qu'un.

La nuit approche et je n'ai pas d'instant à perdre.

  
 
 
 
 

Depuis la route, plusieurs escaliers mènent jusqu'à la terrasse supérieure.

On découvre alors un vaste complexe, composé de temples et du nouveau Fort, en briques rouges, ayant remplacé l'ancien.

 
 
 
 
 

De cette esplanade, le panorama est magnifique.

En particulier, depuis le sommet du Fort, qui offre le panorama le plus large. 

Vers l'ouest, un grand bâtiment récent attire l'attention par son architecture moderne, remarquable. Je ne sais ce qu'il contient.

Mais la nuit tombe.

Je descends des tours de la Qila, passe très vite dans le temple.

  
 
 
 
 

Il est temps de reprendre le chemin du centre d'Anandpur Sahib pour y dîner dans le seul restaurant du coin.

Le pauvre ne fait guère recette, j'y dîne deux soirées de suite, dans une merveilleuse solitude...

Les trois jeunes serveurs passent leur temps devant la télé, à regarder film après film.

Quelle idée !

Un restaurant à Anandpur Sahib, où tout le monde mange gratuitement grâce aux cantines des gurdwara...

  

 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 15:13, le 21/07/2009, dans F. ANANDPUR SAHIB, Anandpur Sāhib
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POEMES aux VENTILATEURS (Sirhind, 13.07.08).

 

PoÈmEs

 

aux

 

VeNtilAtEuRs

 

  

 

1

         

 

 

La salle de prière, oasis de fraîcheur

     décolle aux confins du cosmos

          tapis, fidèles, marbre, coupole

               immense hélicoptère aux 40 hélices !

 

     

Après quelques culbutes avec les anges

     il s'agenouille dans le ciel

     la foi est une apesanteur

          il prie en plein vent transpercé d'espace

       

 

Il redescend enfin sur terre

les paupières s'ouvrent sur les marbres blancs et gris

petit clin d'œil aux ventilateurs

     

 

2 

 

 

Mon Dieu

     entre tes mains je m'en remets

tu peux m'envoyer dans les sphères étoilées

     ou dans les profondeurs de la Terre

      

 

     Je chante l'hymne du ventilateur

          ma joie rayonne en tourbillon de fraîcheur

   

  

assis en tailleur, je danse

     sur des flammes - incendies des sens

je tourne dans l'axe de l'univers

          mon âme-spirale met le feu à l'atmosphère

  

 

Au coeur du Coeur universel

     je danse sur les grandes orgues de l'amour

     mes poumons charrient le fleuve feu

          corps de lumière, mon sang ondule

               serpente sous le Souffle d'outre-Temps

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 19:41, le 20/07/2009, dans G. POEMES aux VENTILATEURS, Sirhind
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Un MISERABLE (poeme) (Amritsar, 29.07.08).

 

 

UN MISÉRABLE

 

(poème)

 

 

 

 

 

 

 

Surgit est pauvre, illettré

exclu de consommation culturelle

pourchassé par les difficultés matérielles

   

 

 

Chaque jour, il vient au temple

s'immerger dans la beauté des chants

dans la poésie profonde de la musique

naviguer sur la barque d'Isis

dans le flux de l'Intemporel

 

 

 

 Nul ne peut décrire sa vie spirituelle

il pleure sur les malheurs du monde

dont il éponge les plaies incessantes

son corps d'écorché rayonne d'amour 

 

 

 

et il repart avec ses nippes hors d'âge

le cœur débordant d'une paix de lumière

  

 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 19:22, le 19/07/2009, dans H. Un MISERABLE (Poeme), Amritsar
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