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Au LAC SACRE DU HEM KUND (4329 m) (aout 2006).

   

 

 

Au  Lac  SaCré

 

Du

 

HeM  KuNd

 

 

 

 

 

 

Ce n'est pas un trek de tout repos. Le dénivellé est de près de 1300 m : au départ de Ghangaria (3050 m) jusqu'au Hem kund (4329 m). Le Hem Kund, le lac sacré des Sikhs !

C'est une de mes randonnées préférées. La veille, la montée épuisante de 14 km entre Govindghat et Ghangaria m'avait affuté, mais privé de pataugass. Ce matin, elles étaient encore trempées par une pluie continuelle, subie pendant quatre heures et demie...

Je me retrouve donc en sandales. Pour la montée, pas de problème, mais pour la descente ?

 

 

Départ vers 6h30. Pendant 1 km, la route est aussi celle qui mène à la Vallée des Fleurs. Les pèlerins sont déjà nombreux. A l'embranchement, je retrouve le groupe coloré de pèlerins sikhs, arrivés en musique au Gurdwara, la veille au soir. Devant le panneau indicateur, le Chef à barbe blanche - turban blanc et survêtement bleu - exhorte sa vingtaine de Sikhs - hommes, femmes et enfants.

 

 

 

Un adolescent vêtu de blanc, bonnet bleu et écharpe orange, porte une enseigne, au drapeau jaune, surmonté d`un cercle bleu et jaune. Un tambour et deux musiciens à cordes jouent des airs dynamiques pour stimuler les énergies. Finalement, tous lancent leur cri de ralliement, trois fois, et c`est parti !

 

 

 

Très vite, je préfère monter à mon rythme, je laisse loin derrière les pèlerins-musiciens. Cela grimpe dur. Il pluviote et je redoute une journée déluge, comme celle d'hier. Mes prières sont-elles entendues ? Le soleil apparaît timidement vers 8h. Je prends trois photos avec des pans de ciel bleu.

 

 

 

Une pause "figues" s'impose. Cette grimpette grille beaucoup d'énergie. Ghangaria a diminué peu à peu, jusqu'à disparaître. Le paysage, très verdoyant, est superbe, agrémenté de cascades. Des nappes de brume avancent lentement à mi-hauteur dans la vallée. Le pic le plus élevé est continuellement caché sous d'épais nuages. Le sentier empierré monte en pente raide, côté aval ses lacets en épingles à cheveux déroulent leurs courbes très serrées. Sujets à vertige, s'abstenir ! Le sentier franchit une frêle passerelle au-dessus d'un torrent alimenté par un glacier. L'eau jaillit par l'ouverture ovale de la langue glaciaire.

 

 

 

Peu à peu, nous montons au niveau, puis au-dessus de ce vaste glacier, dont la neige est salie. Depuis le départ, mules et poneys m'ont peu gênés. Les nombreux pèlerins s'étirent sur une dizaine de kilomètres. En partant tôt, en dépassant les plus lents, on se retrouve vite en bonne compagnie, sélection oblige.

 

 

 

 

 

 

Vers 9h, deux voies sont possibles. Une route en lacets assez longue, empruntée par les animaux et les piétons fatigués. Un escalier raide escaladant la montagne par le chemin des oiseaux, le plus court ! Plus de mules ni de poneys, je n'hésite pas. C`est comme grimper les escaliers de la Tour Eiffel, mais à 4000 mètres d'altitude.  On grimpe dans le ciel, sans savoir si on pourra l'atteindre un jour.

 

 

Même les grandes gueules de certains groupes ferment leur bec... Chacun écoute sa respiration et son rythme cardiaque... On s'arrête très souvent pour retrouver son souffle... Aucun frimeur ne pousse de chansonnette... En vingt minutes, je finis par arriver au sommet en franchissant une arche.

 

 

 

La récompense est à la hauteur de l'effort. Sur la place, beaucoup de Sikhs, assis n'importe où, dégustent un thé ! Je file en ligne droite au Gurdwara, où l'on me sert du thé. Je remercie à voix haute le serveur, et en esprit le Dieu des Sikhs et le créateur du thé. On propose aussi une bouillie de céréales, mais j'ai hâte de voir le lac. Avec mon gobelet, j'atteins ses rives. Ses eaux sont vertes, surmontées de nappes de brume, errantes. Je grimpe à flanc de colline sur une trentaine de mètres, m'assieds sur un rocher. Le lac est de taille modeste. Une seule extrêmité, autour du Gurdwara, a été aménagée et construite. La plus grande partie conserve son état naturel. Le lac repose au centre d'un cirque glaciaire, entouré par des montagnes ravinées, en partie recouverte de verdure. Des cascades dégringolent des sommets. En dégustant le thé, à petites gorgées, je profite de l'état de grâce qui succède aux efforts prolongés.

 

 

 

 

 

Quand je redescends au bord du lac sacré, quelques Sikhs s'apprêtent à y entrer. Vers 9h30 du matin, à 4329 m d'altitude, imaginez la température de l'eau ! Ils entrent jusqu'aux chevilles, se mouillent la poitrine, s'immergent trois fois et se précipitent vers leur serviette ! Je n'ai parfois pas le temps de les photographier... A quarante centimètres de l'eau, une ligne jaune marque le sol. Interdiction de la franchir avec des chaussures. Cette matinée, j'ai vu le surveillant interpeller deux étourdis. Un panneau précise qu'il est interdit d'uriner à proximité du Sarovar Sahib. Les pèlerins demandent souvent à un proche de les photographier dans le lac, de l'eau jusqu'aux genoux (jusqu'aux cuisses pour les plus courageux). La plupart joignent les mains dévotement... mais ressortent illico la photo prise !

 

 

 

On vient me voir, on m'interroge. Intérêt pour le Canon numérique.

Trois femmes s'approchent. Je leur propose de se baigner.

-"It's too cold !" Elles veulent connaître mon pays. Elles vivent au Canada, à Toronto. Et semblent dépaysées au bord du Hem Kund.

Un vieil homme me fait de grands sourires, se lance dans une tirade en hindi, se rend compte que je n'y comprends rien, nous console d'une mimique.

 

 

 

Ensuite, j'entre dans le Gurdwara.

Au rez-de-chaussée, le vestibule contient de nombreux casiers-à-chaussures. J'y place mes sandales.

L'escalier débouche sur la salle-de-prières. Un jeune Sikh me fait signe de me couvrir la tête. Ma casquette me permet de faire face. Les fidèles debout écoutent un orateur, lui répondent en choeur. La salle est pavoisée de guirlandes multicolores. Près de l'officiant, une sorte d'autel clignote, capte l'attention. J'aimerais rester, mais le froid me saisit. Du coup, je remarque que plusieurs pèlerins sont emmitouflés dans une couverture. Un tas de couvertures git à l'entrée de la salle. Je descends pour enfiler polaire et veste. Et je garde la casquette.

 

 

 

Dehors, le temps s'est nettement refroidi.

Virée derrière le Gurdwara, par un portique, où pendent des cloches. On a construit des oratoires près du lac. Le portique franchi, un homme m'ordonne aussitôt d'ôter mes chaussures. Etrange, car certains fidèles les conservent, ne les enlèvent qu'avant d'entrer dans un oratoire. Mais j'obéis.

Deux minutes plus tard, deux hommes assis ayant assisté à la scène me font signe. J'approche. Avec sourires et gestes appropriés, ils m'encouragent à remettre mes sandales. L'extrémisme du pèlerin les a beaucoup agacés...

 

 

Le temps change constamment. Je monte sur la colline au-dessus du portique d'entrée pour admirer la vallée... c'est le brouillard qui règne en maître...

Soudain, le soleil surgit. Je fonce vers le lac pour photographier les reflets de la lumière dans l'eau verte.

 

 

 

 

 

 

De retour parmi les pèlerins, je remarque que certains se tiennent à une corde fixée au bord du lac. Ils s'immergent trois fois dans l'eau le plus vite possible.

Un homme obèse applique scrupuleusement tous les rites. En posture de yoga, il récite les prières les yeux fermés, s'incline vers le Gurdwara les mains jointes, recommence plusieurs fois. Je peux le photographier sans le gêner.

 

 

 

 

 

 

Tenaillé par la faim, je vais chercher une ration de bouillie, quand je tombe sur le couple d'Indiens, croisé plusieurs fois à Ghangaria.

Nous nous présentons. Ils vivent à Calcutta. Rakhi est une brune à lunettes assez grosse. Son mari Paranjoy ressemble à un étudiant. Agés de 29 à 31 ans. Mais nous nous séparons assez vite, car ils s'apprêtaient à redescendre à Ghangaria.

 

 

Avec ma gamelle de bouillie, je m'installe sur un muret, ingurgite le tout sans respirer.

 

 

 

 

J'aime l'ouverture d'esprit des Sikhs. Leurs Gurdwara accueillent Sikhs et non Sikhs. Tous peuvent y dormir, y boire du thé, y manger, tout cela gracieusement...

En dix minutes, la température dépasse les 35° C.

Ecriture.

 

 

 

Avant midi, je commence la descente, délicate en sandales.

L'escalier derrière moi, au lieu de dévaler le sentier avec des sauts de kangourou, je suis d'une prudence inaccoutumée. A cause des pierres, j'abîme sérieusement mes sandales et le bout de mes orteils tatent quelques cailloux.

Comme au cours du Char Dham, je croise plusieurs balayeurs. Souvent oisifs, ils s'activent à l'approche des gens. A mon égard, leur expression habituelle est :"Money-bakchich !" Pour les Indiens, leurs formules en hindi semblent plus conformes à ces chemins de pèlerinage, j'y entends des accents religieux.

 

 

Au bout d'une heure, un coup de pompe m'oblige à faire une pause. Arrêt boisson. Je repère deux ampoules, dont une de plus de 100 W...

Une descente est toujours plus ennuyeuse qu'une montée. La découverte ne joue plus, on revient sur ses pas, c'est du connu, on pense déjà à la douche...

Habituellement, j'essaye de transformer une descente en une danse, ou la rapidité, l'équilibre, l'enchaînement des gestes, touchent aux mystères de l'univers. Aujourd'hui, nulle harmonie des foulées, mais des pieds douloureux qui aspirent au repos.

Vers 14h, je dévore un Rice Pullao Paneer dans mon restaurant favori. Que c'est bon !

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

 

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Publié à 18:42, le 25/07/2009, dans B. LAC SACRE du HEMKUND,
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